Curcuma - monographie

Curcuma longa, Linné ; Curcuma domestica, Val. ; Zingibéracées

  • antioxydant et anti-inflammatoire très puissant
  • anticancer et hypocholestérolémiant

Cette monographie est un extrait du livre Materia Medica de Flora Medicina : un ouvrage de référence en français sur les plantes médicinales.

FloraMedicina offre une formation professionnelle en herboristerie/phytothérapie, inclaunt le cours Materia Medica

Partie utilisée

Rhizome.

Propriétés médicinales

PRIMAIRES SECONDAIRES
Antioxydant Antitumoral
Anti-inflammatoire Cholagogue, cholérétique
Hépatoprotecteur Carminatif
Bactéricide Hypocholestérolémiant
Fongicide Antispasmodique
Parasiticide Analgésique externe
Antimutagène Vulnéraire
Antiviral
Fluidifiant sanguin
Rubéfiant/stimulant circulatoire
Emménagogue

Systèmes de prédilection

Indications

SYSTÈME LOCOMOTEUR

COMME ANTI-INFLAMMATOIRE

En médecine Ayurvédique, le curcuma est utilisé depuis des millénaires pour soigner les affections à caractère inflammatoire. L’action anti-inflammatoire du curcuma est comparable à celle de la cortisone, de la phénylbutazone (utilisée dans le traitement de l’arthrite rhumatoïde) et des anti-inflammatoires non-stéroïdiens. Il semble que le curcuma agisse en inhibant des enzymes qui participent à la synthèse des substances inflammatoires - elles-mêmes dérivées de l’acide arachidonique - comme les prostaglandines E2 et les leucotriènes. On pense qu’il diminue le relâchement des médiateurs chimiques des cellules et des neutrophiles. Il semble également augmenter l’effet du cortisol sur les cellules ou peut être même prolonger la demie-vie de ce dernier et/ou en diminuer sa dégradation hépatique.

Lorsque le curcuma est associé à des acides gras essentiels, ils se potentialisent mutuellement dans leurs actions anti-inflammatoires. Le poivre noir potentialise également cette action anti-inflammatoire. Contrairement à certains anti-inflammatoires de synthèse, le curcuma n’inhibe pas la prostacycline, qui est un important facteur de prévention des thromboses vasculaires. Aussi, sa grande action antioxydante joue un rôle important dans son effet anti-inflammatoire.

  • SYSTÈME LOCOMOTEUR : antioxydant, anti-inflammatoire, analgésique externe ;
  • SYSTÈME DIGESTIF : antioxydant, anti-inflammatoire, hépatoprotecteur, bactéricide, fongicide, parasiticide, antitumoral, cholagogue, cholérétique, antispasmodique, carminatif, antiviral ;
  • SYSTÈME IMMUNITAIRE : antioxydant, bactéricide, fongicide, parasiticide, antitumoral, antiviral ;
  • SYSTÈME CARDIO-VASCULAIRE : antioxydant, anti-inflammatoire, hypocholestérolémiant, fluidifiant sanguin ;
  • SYSTÈME TÉGUMENTAIRE : antitumoral, bactéricide, fongicide, vulnéraire.

Il sera intéressant pour les conditions suivantes :

  • arthrite ;
  • rhumatisme ;
  • arthrite rhumatoïde ;
  • douleur musculaire ;
  • bursite, tendinite.

SYSTÈME DIGESTIF

Le curcuma améliore la digestion en stimulant le foie et la vésicule biliaire - l’excrétion de la bile en est augmentée de 100%. Il semble augmenter la production d’enzymes pancréatiques. Il est aussi hépatoprotecteur (surtout grâce à ses effets antioxydants causés par l’augmentation hépatique de glutathion et d’enzymes hépatiques - particulièrement le SGOT et SGPT - noms anglais - qu’il provoque), bactéricide et parasiticide.

  • INFLAMMATION du foie ou de la vésicule biliaire ;
  • HÉPATITE, JAUNISSE ;
  • Augmente la solubilité de la bile, donc le curcuma peut prévenir la formation de CALCULS ;
  • ULCÈRE GASTRIQUE : le curcuma protège la muqueuse de l’estomac en augmentant le taux de mucine qu’elle produit ;
  • DIARRHÉE, DYSENTERIE AMIBIQUE ;
  • FLATULENCES, BALLONNEMENTS ;
  • DYSPEPSIE ;
  • ATONIE DIGESTIVE.

SYSTÈME CARDIO-VASCULAIRE

ATHÉROSCLÉROSE

Tel que mentionné précédemment, le curcuma est antioxydant. Il prévient la peroxydation des lipides, dont le cholestérol. Et c’est justement ce cholestérol « peroxydé » qui se dépose dans la membrane des artères. De plus, le curcuma réduit de façon significative le taux de cholestérol dans le sang en diminuant sa réabsorption intestinale, en augmentant la transformation du cholestérol en acides biliaires et en augmentant l’excrétion de la bile.

THROMBOPHLÉBITE

De par son action anti-inflammatoire et fluidifiante (diminue l’agrégation plaquettaire, aide donc à garder le sang fluide), le curcuma aide à prévenir et à soulager la thrombophlébite.

SYSTÈME IMMUNITAIRE

CANCER

Utilisé de manière préventive et curative. Il fait régresser les cancers déjà existants (surtout oral, du conduit digestif, du foie, des seins et de la peau), supprime l’effet mutagène de certaines substances (dont celles présentes dans le tabac) et inhibe la formation de nitrosamine. En plus, le curcuma prévient les changements génétiques qui peuvent survenir dans le noyau cellulaire (antimutagène). Tout comme le chardon marie, le curcuma est un puissant antioxydant. Il prévient la détérioration des tissus qui peut survenir lors des traitements de chimiothérapie.

BACTÉRICIDE, FONGICIDE ET PARASITICIDE

Le curcuma inhibe la croissance de nombreuses bactéries gram positives et gram négatives, dont celles qui causent la dysenterie amibique (Entamoeba hisolytic) et d’autres, comme le Clostridium perfringens, le Sarcina, le Gaffkya, les Staphylococcus, les Streptococcus, les Bacillus et plusieurs champignons pathogènes. Il aide également lors d’infections en inhibant la production de certaines toxines bactériennes qui peuvent causer de sérieux torts à l’organisme, dont les aflatoxines, produites par les champignons qui croissent dans la nourriture mal préservée.

VIH

Plusieurs études ont démontré que le curcuma ralentit la progression du VIH et semble augmenter le taux de CD 4 et de CD 8 dans le sang. Deux fonctionnements sont énoncés : 1. Le premier étant que la curcumine (une des substances actives dans le curcuma) inhibe la synthèse de l’enzyme intégrase qui permet au virus de s’intégrer au code génétique de la cellule hôte. 2. Le deuxième est que la curcumine inhibe la production de cytokine par la cellule hôte. La cytokine stimule la formation du VIH dans les lymphocytes. De plus, comme les personnes infectées par le VIH ont un besoin accru en antioxydants, le curcuma peut répondre partiellement à ce besoin. Bref, l’utilisation de ce rhizome pour les personnes atteintes du VIH semble prometteuse. Plusieurs études cliniques sont en cours actuellement et notre compréhension des mécanismes d’actions du curcuma se clarifieront dans les années à venir.

UTILISATION EXTERNE

Peut étre utilisé sous forme d’huile infusée, d’emplâtres, de teinture…

  • irritation cutanée
  • plaie
  • entorse
  • foulure
  • douleurs arthritiques
  • psoriasis
  • mycoses : pied d’athlète, vaginite
  • pityriasis versicolor
  • galle
  • ulcères

NÉVRALGIES, SCIATIQUE…

Le curcuma a une action similaire à celle de la cayenne, relâchant la substance P, impliquée dans la production du message de la douleur. Cette substance étant subséquemment épuisée, le message de la douleur s’en trouve inhibé.

Solvants, modes d’utilisation et dosages

Pour apprécier les effets hépatiques et cholérétiques du curcuma, il est bon de le prendre avant les repas.

POUDRE 3 à 6 capsules par jour.

TEINTURE

5 à 20 gouttes, 2 à 3 fois par jour.

INFUSION

Pas très agréable au goût, 1 à 3 tasses par jour.

COMPRESSE ET HUILE

Pour les usages externes (ça tache !).

Constituants répertoriés

  • COMPOSÉS PHÉNOLIQUES : curcumi, tumérone, zingibérène ;
  • UN GROUPE DE CURCUMINOÏDES curcumine ;

    Contre-indications et toxicité : Comme toutes les plantes fluidifiantes sanguines, il est préférable de ne pas les associer à des ANTICOAGULANTS. Aussi, il faut faire attention lorsqu’une OPÉRATION, un ACCOUCHEMENT ou une EXTRACTION DENTAIRE sont prévus. Peut être RÉCHAUFFANTE. Attention aux femmes en ménopause, sujettes à des BOUFFÉES DE CHALEUR. À hautes doses la curcuma peut occasionner des ULCÈRES DIGESTIFS. La haute dose en question est de 100mg par kg de poids corporel de curcumine ! Cette dose excède de façon astronomique une dose thérapeutique normale…

    • HUILES VOLATILES : monoterpène : cinéol sesquiterpènes : limonèle, tumérone, curcumine, zingibérène
    • VITAMINES : béta-carotène (pro-A), acide ascorbique © ;
    • MINÉRAUX : potassium (K) ;
    • PEPTIDE HYDROSOLUBLE : 5-K dapeptide, tumérine ;
    • POLYSACCHARIDES : arabinogalactane ukonan A et C ;
    • Principes amers ;
    • Résine.

Cette monographie est extraite du livre Materia Medica de Flora Medicina : un ouvrage de référence en français sur les plantes médicinales

FloraMedicina offre une formation professionnelle en herboristerie/phytothérapie, inclaunt le cours Materia Medica